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Sous le papier, la page

8 Oct

Depuis le 3 novembre 2013, date de mon dernier article (hum hum), il s’en est passées, des choses ! Une des plus magiques d’entre elles, ça a été le stage de sérigraphie avec l’artiste-peintre sérigraphe graveuse Eva Largo dans l’atelier qu’elle co-gère.

En septembre 2015, j’ai eu l’occasion de participer aux stages proposés par l’atelier de sérigraphie et de gravure Sobrepapel situé à Vincennes.

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Le stage s’est déroulé en 2 temps. La première séance, le 12 septembre 2015, Eva nous a présenté la technique, exemples à l’appui en nous montrant des sérigraphies réalisées à l’atelier par des stagiaires novices comme nous, ou bien à un niveau plus avancé (car il est possible de réserver des plages horaires à l’atelier pour venir sérigraphier ses projets, avec l’assistance d’Eva si besoin) et les différents types de pochoirs.

Pendant une matinée, j’avais appris les rudiments de la sérigraphie étapes par étapes, cas pratique à l’appui. On apprend par petit groupe, et ce jour-là nous étions 3, ce qui permet de poser toutes les questions tranquillement.

Place à la démonstration de l’enduction des écrans. Là, ça devient plus technique, alors ne m’en veux pas, je te la fais à la Michel :

  1. Pour bien enduire ton écran, faut bien le préparer. Tu l’enduis avec une émulsion photosensible, que tu appliques à l’aide d’une raclette en intox sur l’écran, du bas vers le haut.
  2. L’étape suivante concerne les typons, c’est-à-dire les pochoirs. Ici on a sérigraphié en 3 couleurs, on a donc 3 typons : un par couleur.
    Tu vas donc séparer ton image en 3 couleurs et chacune des couleurs sera imprimée sur une feuille de papier calque en 100% de noir. Tu appliques donc une trame à ton image si tu as des effets de dégradé ou si c’est une photo.

    Tu vérifies soigneusement que tout colle nickel sur une table lumineuse. Eva nous a conseillé d’imprimer sur du papier calque et en effet, ça marche vachement bien.

  3. Après, tu mets tes typons sur le châssis d’insolation (une machine bien cool), tu supprimes le vide et tu insoles un temps donné.
  4. Quand ça sonne, tu rinces l’écran à présent insolé à l’eau claire.
  5. C’est maintenant que tu peux utiliser ton écran pour sérigraphie. Avant tu choisis tes 3 couleurs.
  6. Une fois que tu as fini, y a une étape de nettoyage au karcher de l’écran, évidemment ça aussi c’était bien mortel.
  7. Tu noteras qu’il faut bien sûr apporter un tablier ou une blouse (#passionvetementstechniques).

J’écris tout ça comme si ça coulait de source, mais t’inquiète pas, j’ai bien galéré à comprendre tout ça. Heureusement que toutes les étapes sont décrites sur le site de Sobre Papel.

L’atelier et la formule se prêtent très bien à l’apprentissage et à l’expérimentation. De plus le lieu est très chouette.

Eva Largo, qui anime l’atelier, vous expliquera tous les secrets et toutes astuces pour y arriver.

Quinze jours après cette séance, c’était à mon tour de préparer un support à sérigraphier, durant le stage d’approfondissement. On peut très bien suivre le premier atelier sans suivre le second, mais ce serait vraiment dommage de se priver de l’expérience de la mise en pratique.

Deux semaines après la première séance donc, tu pointes ton nez pour le stage d’approfondissement avec ton chef d’oeuvre : ta créa que tu vas préparer et sérigraphier tout·e seul·e comme un·e grand·e. T’es fier·ère comme un bar-tabac.

Finalement, on s’en doute, c’est la partie créa qui est la plus stressante. Je ne m’étais pas préparée à participer au second atelier (car on m’a offert la participation à cet atelier en cadeau), du coup il a fallu que je m’active pour sortir une idée potable de mes méninges. Mais je suis assez contente de résultat, qui m’a permis d’avoir une chouette idée de cadeau à offrir à mes proches cette année-là.

Le résultat visé étant celui-ci :

serigraphie-v04-1

Et voila le résultat en milieu cadré :

Envie de te lancer dans la sérigraphie, mais tu n’as ni l’espace nécessaire, ni le matos, ni les compétences ? Je te recommande de passer par la formule atelier sérigraphie de Sobrepapel. Si tu te débrouille déjà bien, tu peux aussi demander l’accès libre à l’atelier pour tes propres travaux, en adhérant à l’association.

Cet article n’est pas très bien rédigé, mais c’est parce que je voulais surtout poster pleins de photos de cet endroit superbe qu’est l’atelier Sobre Papel, où j’ai eu un réel plaisir à apprendre les secrets de la sérigraphie avec Eva.

Komm mit nach Deutschland*

3 Nov

Liebe Leserin, liebe Leser**,

Si toi et moi on se connaît déjà un peu, je t’ai sûrement déjà bassiné avec ce lieu cher à mon cœur : la Maison Heinrich Heine, située dans la Cité internationale universitaire de Paris. Alors, je te rassure tout de suite cher lecteur, malgré le fait que son logo semble te faire un gros doigt d’honneur, la MHH aime tout le monde et t’accueillera même si tu ne parles pas allemand.

Willkommen!

Herzlich Willkommen!

(N.B. : le logo représente l’architecture du bâtiment, on l’aura tous compris et souligné.)

Déjà, sache que la Cité U, c’est un parc trop cool. Loin de la pose des Buttes-Chaum’, loin des gamins de Montsouris (bah non pas si loin, puisque c’est en face en fait), loin de la poussière et des touristes des Tuileries, on peut toujours y pique-niquer pépouze l’été, y jouer au meilleur jeu de plein air du monde, y rencontrer les sympathiques membres de Polyglott (leurs pique-nique estivaux s’y déroulent), y courir sans aucun danger (et avec de l’éclairage) même jusque très tard l’hiver. En plus, c’est quand même pas mal choupi, architecturalement parlant.

Mais commençons par les bases.

La MHH, c’est la fondation de l’Allemagne.

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La MHH, c’est la Maison Heinrich Heine très exactement.

Heinrich "Beau gosse" Heine

« POSEŸ »

Heinrich est né Harry et mort Henri (à Paris d’ailleurs), et c’est l’un des plus grands écrivains allemands. Vers 1830, il fut le correspondant du Allgemeine Zeitung (littéralement Le journal général) à Paris, le quotidien en langue allemande le plus lu du moment. Mais si vous demandez à un germaniste ce que lui évoque Heinrich Heine, la réponse sera quasiment toujours :

perdu !

perdu !

loreley

« T’es sûre que c’est pas le type du ketchup Heinz ? »

La Lorelei ! (En gros c’est une sirène. Mais allemande.)

Die Loreley est un poème d’Heine paru en 1824 et c’est d’ailleurs probablement son texte le plus connu. C’est en classe de 5me que mes camarades et moi apprîmes par chœur ce poème, dont je suis toujours à l’heure où je vous écris, capable de réciter les 2 premières strophes sans me tromper.

Original VS Essai de traduction littéraire (Pierre Le Pan)

Original VS essai de traduction littéraire (Pierre Le Pan)

La Lorelei est pratiquement un symbole national. C’est en fait une nymphe des eaux (une nixe précisément. En français on appellerait ça une ondine), généralement une jolie demoiselle à la longue chevelure blonde et à queue de poisson (borrrrring). Les nixes attirent les gens dans l’eau. Et les noient. Ou alors les attirent par leur chant afin de les troubler jusqu’à ce que perdition s’en suive. Les pourritures.

Ce nom a été donné à un rocher surplombant le Rhin vers Francfort, un endroit réputé pour la puissance de son courant. C’est là qu’on a érigé la statue de Lorelei ci-dessus.

On recense une très grande variété de graphies possibles : Lore-ley, Loreleï, Lorely, Laure Lay…

Le motif de la Lorelei est un classique qui a franchi la frontière allemande et conquis jusqu’en France (Apollinaire, de Nerval ou même Thiéfaine). Musicalement, on a le choix dans le bon comme dans le mauvais goût :

✖    Charles Trenet – Loreleï
✖    Véronique Sanson – Lorelei (De l’autre côté de mon rêve)
✖    Hubert-Félix Thiéfaine – Lorelei Sebasto Cha (Soleil cherche futur)
✖    Nina Hagen – Lorelei (Angstlos)
✖    Cocteau Twins – Lorelei (Treasure)
✖    Jacques Higelin – Laura Lorelei (Aï)
✖    The Pogues – Lorelei (Peace and Love)
✖    Mercury Rev  – Black Forest (Lorelei) (The Secret Migration)
✖    Scorpions – Lorelei (Sting in the Tail)

✖ j’ai utilisé des petites croix car je n’ai pas trouvé de petits picto en forme de bretzel

Mais s’il ne fallait en retenir qu’une seule :

Ça t’en fait, ami lecteur, un tas d’infos pour briller dans les dîners choucroute de la brasserie Maître Kanter !

Le vendredi 4 octobre dernier, la MHH a organisé un événement auquel je n’osais pas même rêver : un ciné-concert Das Kabinett des Dr. Caligari (Robert Wiene – 1919 – muet – intertitres en français), film clé de l’expressionisme allemand, et chef d’œuvre des chefs d’œuvres cinématographiques dans mon petit cœur.

Tremble, lecteur !

tremble, lecteur !

(Anecdote : je me souviens que, lorsque j’ai fait l’acquisition de ce dvd à 0,90€ sur le site orange et violet, l’annonce disait en gros « je le vends pas cher car j’imagine que ça doit sûrement intéresser quelqu’un sur cette planète, même si je ne vois pas qui ».)

L’accompagnement était assuré par la pianiste espagnole Hada Benedito Mateo. Une espagnole ? Pour un film allemand ? À la MHH ? Whaaaaaaaaaaat ? Pas de panique : Hada réside à Berlin. La boucle est bouclée.

Après les 10 premières minutes, des suites d’un léger problème technique sûrement du à un souci de branchement mais-on-n-a-pas-le-temps-de-tout-débrancher-rebrancher, le film a été rejoué depuis le début car la pianiste (qui improvise) ne pouvait plus voir le film correctement. Que l’assistance se rassure : tout s’est bien déroulé après ça. Et cette soirée valait bien son pesant de cacahuètes ( 7€ à plein tarif) puisque la MHH avait organisé une petite collation avec des chips aux crevettes et du crémant juste après (quel goût, quelle finesse).

La semaine suivante, la MHH organisait la projection du Tambour, l’adaptation cinématographique (primée à Cannes en 1979) du roman de Günter Grass par Volker Schöndorff, et c’est ici la preuve irréfutable que ces gens ont bon goût et qu’il faut y aller. Si vous avez peur de vous y aventurer seul, je me ferai l’honneur d’être votre führerin (oui, c’est comme ça qu’on dit guide au féminin en allemand).

Notons aussi (pour le fun) que la MHH abrite une bibliothèque dont 90% des ouvrages sont en langue allemande. Elle est libre d’accès pour les résidents et (je cite) « toute personne ayant de bonnes connaissances d’allemand » : il était enfin temps qu’une institution fasse clairement la distinction entre nous autres, êtres supérieurs germanophones, et le commun des mortels.

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ENFIN, si près tout ça, vous n’êtes toujours pas convaincus de la légitimité d’y mettre les pieds au moins une fois dans votre vie, sachez que c’est une maison libre d’accès et qu’il y a des cabinets (sans mauvais jeu de mot) propres et fonctionnels en descendant les escaliers.

On m’a récemment fait découvrir cette composition électronique à caractère musical que j’utiliserai pour illustrer le propos à la manière de Captain Obvious :

Küsse.

* Je dédie ce titre à tous ceux qui ont découvert, appris et aimé la langue de Goethe grâce à ce manuel.

kommmitnachdeutschland

Ne seraient-ce pas Sabine et Dieter sur ce crayon volant ?

** Chère lectrice, cher lecteur, le sais-tu ? En allemand, il est plutôt bien vu de toujours faire mention du féminin, qui se place avant le masculin.

Violence gratuite pour tous

6 Oct

Approchez, approchez ! N’ayez crainte : l’UTLS, il ne faut pas en avoir peur. Derrière cet acronyme se cache une anomalie, une curiosité exotique, une bête de foire qui ne demande qu’à être apprivoisée.

l’UTLS, c’est une initiative :

1. gratuite. Je précise : « gratuite » comme dans « zéro euro ».

2. qui, au lieu de s’arrêter en 2001 comme prévu, fut victime de son succès et perdure donc depuis (à un rythme ralenti par rapport au projet initial. D’une conférence par jour pendant toute l’année 2000 (soit 366 conférences), il est passé au format de « cycles »).

3. dont le fruit est mis à disposition des internautes, gratuitement une fois de plus.

Clique ici si tu veux tout savoir sur l’Université de tous les savoirs !

Du lundi 16 au dimanche 29 septembre s’est donc déroulé le cycle 2013 de l’UTLS, dont le programme placardé dans le métro n’aura pas manqué de mettre la puce à l’oreille des fins limiers que nous sommes.

Le thème : la violence aujourd’hui. Il suffisait pour s’en rendre compte de prêter attention aux 3 « !!! » sur le programme.

Programme : La violence aujourd'hui

Filtre appliqué : effet papier qui a traîné une semaine au fond du sac

L’univers : les couvertures de polars, les scènes de crime, les Esspères, NCIS, tout ça.

Une sale histoire

«Les yeux barrés de noir»

Le lieu du crime : les bancs de l’amphithéâtre Binet de l’université René Descartes

Le modus operandi : c’est la 1ère fois il me semble que l’UTLS communique d’une manière aussi musclée. Ce n’est pas un hasard si, durant les semaines passées, son nom est revenu plusieurs fois dans les conversations. Des témoins ont assuré qu’à la photocopieuse comme au café, on parle des conférences comme d’une potentielle sortie « culturelle » qu’on aimerait se caler sous peu. Et peu importe si ça se termine souvent par « oh non, c’est déjà fini ?! oh dommage, j’aurai trop aimé y alleeeeer ». Mon enquête a conclu que l’effort a fonctionné : encore un coup de la comm’.

Pour les besoins de l’investigation, je me suis donc rendue à l’une des ces conférences. Oui Monsieur, oui Madame !

Le mobile : il faisait pas hyyyper beau ce dimanche là.

Les armes :
– une bonne copine ;
– un bloc-note ;
– un stylo.

Studieuses

Note pour plus tard : penser à ramener une petite bouteille d’eau la prochaine fois. Comment se fait-il qu’on ne trouve pas un seul point d’eau digne de ce nom à l’université René Descartes ? Je suis scandalisée !

Au programme du dimanche 22 septembre : « Juger la violence » et « Violence et humiliation » dont les 63 minutes peuvent être visionnées et téléchargées en cliquant sur le site de l’UTLS.

Les suspects : Paul Valadier (Juger la violence) et Olivier Abel (Violence et humiliation), tous deux philosophes et théologiens.

Gniiiii : je découvre avec joie et précipitation qu’Olivier Abel a partagé l’intégralité de son intervention au format texte. Olivier, si tu m’entends : tu rayonnes à jamais dans mon cœur.

interface de téléchargement de l'UTLS

Mon dévouement ne connaît aucune limite

Les faits : sans rentrer dans les détails, voici les temps forts de chaque conférence :

1/ Si on tente de la définir, la violence est complexe et insaisissable. Elle est ce qui s’oppose à la raison. La refuser c’est retrouver une humanité partagée, qui suppose des valeurs communes. Elle n’épargne aucune institution. On ne doit pas s’appuyer sur les causes pour la justifier. On peut la faire reculer grâce au droit international. Elle exige de rester dans un état de vigilance. En sa présence on ne peut se passer de la prise de position et de la pluralité.

2/ L’humiliation prépare et engendre la violence. Humilier c’est ne pas laisser de contrepouvoir, de moyen à son adversaire de pouvoir se défendre. Elle touche à l’estime de soi et au respect d’autrui.  Elle s’étudie sur la profondeur et l’amplitude. Il serait souhaitable de créer des institutions non humiliantes (suggestion tirée de La société décente d’Avishai Margalit). Elle peut faire partie d’un processus d’intégration dans un groupe. Peut-on punir sans humilier ? L’humilité offrirait une issue à l’humiliation.

La victime : consentante, me plier à cet exercice m’a amusé, diverti et instruit. Ma curiosité est entièrement satisfaite (malgré la soif non étanchée). J’ai été heureuse de partager ce moment avec un groupe d’une 100aine de personnes (moyenne d’âge : 50 ans de plus que ce à quoi je suis habituée). La participation orale des «étudiants» a battu tous les records, on s’arrachait presque le micro. Les gens étaient d’accord, pas d’accord, les questions – comme les réponses – pertinentes et à côté de la plaque.

Note de pied de page, annexe 77 du livre 32 : comprendre la référence au titre de cet article après visionnage de la vidéo ci-dessous.

(3 fois 5 = 199 700 euros)²

16 Avr

Le Museum für Konkrete Kunst (Musée Pour l’Art Concret) d’Ingolstadt en Allemagne (en Bavière, sud est) est désormais l’heureux propriétaire de l’œuvre du Suisse Richard Paul Lohse (1902–1988) Fünfzehn systematische Farbreihen in progressiven Horizontalgruppen (Quinze rangées systématiques de couleurs en groupes horizontaux progressifs). Affirmative.

Richard Paul Lohse, Fünfzehn systematische Farbreihen in progressiven Horizontalgruppen, 1950/62 – Huile sur toile, 150×150 cm © kulturstiftung.de

Si on pouvait déjà admirer ce classique de l’Art concret au Musée depuis presque 20 ans (l’œuvre y siégeait en tant que prêt de la Fondation Richard Paul Lohse), ce-dernier en a définitivement fait l’acquisition, et assuré par là-même son statut de haut-lieu de l’art.

L’œuvre-clé n’aurait pas pu rejoindre le catalogue du musée sans la participation financière de 2 institutions : la ville d’Ingolstadt verse à elle seule 83 000 euros, et elle est soutenue par la Kulturstiftung des Länder (Fondation fédérale pour la culture) et de la Fondation Siemens pour l’Art, qui chacune ont déboursé respectivement 50 000 et 66 700 euros.

Qui dit Art concret, dit un peu de mathématiques :

      83 000
+   50 000
+   66 700
____________

=  199 700

Presque 200 000 euros. Aouch.

Le montant de la transaction a fait couler de l’encre de l’autre côté du Rhin, sans que la qualité de l’œuvre ne soit jamais remise en question par ceux qui s’opposaient à son acquisition. C’est plutôt le mode de financement qui a fait grincer les dents. À Ingolstadt, ça ne fait pas plaisir à tout le monde de voir la ville s’acquitter de la somme controversée. Mais l’œuvre se trouvant déjà exposée dans le musée depuis 1994, il est donc assez logique que la décision finale ait été favorable à l’achat.

museum ingolstadt konkrete kunst

L’oeuvre au musée d’Ingolstadt © derbummler.de

Mathématique et logique : 2 mots qui me font d’habitude prendre mes jambes à mon cou. Il y a bien qu’en parlant d’Art concret que je suis encore capable de garder mon sang-froid.

L’œuvre qui a reçu le petit nom de la « Mona Lisa de l’Art concert » est une clé dans la compréhension du mouvement.

Voici une équation simple grâce à laquelle je rend hommage à toutes ces heures passées à essayer de décrypter les énoncés des problèmes de mathématiques lorsque j’étais en CE1 :

SI :

{

Ce qui saute aux yeux c’est l’explosion réjouissante et désordonnée
+    Aucune couleur ne l’emporte sur une autre
+    Le rythme est complètement décalé : il n’y a aucun centre, aucun point où l’œil peut s’accrocher
____________
=    C’est le chaos

}

MAIS :

{

L’ arc-en-ciel est le fruit d’une pensée rigoureuse consistant à répéter de manière systématique et uniforme
+   L’œuvre aurait pu être fabriquée par une machine, et en ça, elle est aussi véritablement concrète
+   Elle fait écho à un monde industriel qui s’oppose au sentimental
____________
=    C’est l’ordre

}

ALORS : il s’agit là d’une œuvre humainement-robot, comme je les aime.

Pour les curieux germanophones, tous les détails dans cet article.

Visite du bauhaus-archiv museum für gestaltung

27 Fév

wir schreiben alles klein, denn wir sparen damit zeit.*

Herbert Bayer, 1900-1985

J’ai visité le bauhaus-archiv museum für gestaltung (tout en minuscule). Faites-le si vous passez à Berlin, c’est un tout petit peu excentré mais ça sera l’occasion d’une bonne balade. Prenez les audio-guides qui sont gratuits, et faites-vous plaisir.

bauhaus museum berlin

*on écrit tout en bas de casse, on gagne ainsi du temps.

Mit freundlichen Grüßen.